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 Jérôme Billac - L'envie de retrouver le plaisir de jouer à la maison

   C'est officiel, Jérôme Billac a signé à l'UESM. Mais n'allez pas penser qu'il s'agit d'une pré-retraite anticipée. Bien au contraire, Jérôme voit ce nouvel épisode de sa carrière comme un nouveau départ. Le tournant du cœur en quelque sorte. "Je ne signe pas à l'UESM uniquement parce que c'est Montmorillon, mon pays natal. Sur le plan sportif, j'ai encore des choses à prouver, à me prouver. Et je crois réellement que l'UESM a cette année un projet sportif très intéressant".

  Il faut quand même considérer qu'entre l'UESM et Jérôme Billac, il y a depuis longtemps une histoire d'amour. "Je n'ai jamais connu cela avec aucun autre club. Je l'ai souvent dit, à l'UESM il y a un état d'esprit particulier. Une ambiance que l'on ne retrouve pas ailleurs.", confie t'il avec une lueur dans l'œil qui en dit long sur sa sincérité.


  
Pour Montmorillon - Sens j'étais émerveillé.

   Et en parlant d'ambiance, Jérôme ne peut s'empêcher de revenir longuement sur cette aventure extraordinaire des 32èmes de finale de la Coupe de France en janvier dernier. "Au lendemain de la victoire des macarons contre Saint Jean de Luz, j'attendais le tirage avec impatience. Comme si c'était moi qui allais jouer cette rencontre. Mais pourquoi ne le disent-ils pas à la radio ? Il a fallu que j'attende une éternité pour le savoir. Bien évidemment comme le Racing ne jouait pas le soir des 32èmes, j'ai sauté dans un train pour venir les rejoindre."
   "J'ai vécu ce jour là une émotion exceptionnelle. J'étais émerveillé par le stade Jean Ranger. 2500 personnes ici, c'était magique pour moi." Jérôme avait 8 ans lorsque le stade de la route d'Haims se remplissait de cette manière tous les quinze jours. "Je me souviens d'avoir vu des spectateurs sur le toit des petites tribunes. Impensable maintenant."

   Pourtant, Jérôme Billac a eu l'occasion de jouer plusieurs fois des 32èmes de finale (voir ci-dessous) et même une fois les 16èmes. Mais, aucune n'a eu la saveur de ce 20 janvier 2001 à Montmorillon. Alors, puisqu'il n'était à Montmorillon qu'en spectateur, ce retour dans son enfance aurait-il été le révélateur ? Ne serait-ce pas cet événement qui a donné l'envie à Jérôme de revenir à l'UESM ? "Non, non, se défend-il, c'était merveilleux mais ce n'est pas à cet instant que j'ai fait mon choixJ'ai décidé ce que j'allais faire beaucoup plus tard. C'était début juin, après avoir rencontré à plusieurs reprises Jean-Marie Boisset, Fabrice Tessier et Joël Caillaud. Leur discours a été très accueillant. Je connais bien Fabrice. J'apprécie l'entraîneur et son style de jeu offensif, vivant, ouvert... J'ai ensuite beaucoup réfléchi et je ne voulais rien annoncer tant que certains éléments administratifs n'avaient pas abouti".

   Le contrat qui liait le joueur au Racing est terminé depuis le 30 juin. Si Jérôme a bien reçu quelques propositions qui lui auraient permis de prolonger son statut de professionnel une ou deux saisons supplémentaires, aucune n'a retenu son attention. "Je n'avais pas envie de prendre le risque de me retrouver encore sur le banc de touche. J'ai bientôt 29 ans, je sais bien que ma valeur marchande dans le milieu professionnel a beaucoup diminué. Les blessures n'ont rien arrangé. Il faut savoir sortir du circuit tant qu'il est encore temps. C'est un monde de requins où l'individualisme prime. J'ai besoin de négocier un virage vers un milieu plus sain, plus convivial et plus familial". 


   Un joueur comme les autres.

   Il faut aussi comprendre que Jérôme a une très grosse envie de jouer. La Rochelle, le Stade Poitevin ou bien encore Tours aurait bien aimé que cette soif de jeu vienne s'étancher sur leur terrain. "J'ai choisi l'UESM car je pense qu'il y a quelque chose de bien à faire. L'ambiance est là, les joueurs sont bons, la structure est bien en place, et on sent que le public est bouillonnant, dans les starting-blocks. Si ce club montait en DH ou en CFA2, je suis sûr qu'on retrouverait un public très fort. Voilà ce qui me motive".

   Nul doute d'ailleurs que cette motivation fonctionnera aussi dans l'autre sens. L'arrivée de l'enfant chéri de Montmorillon transcendera certainement les joueurs et aura sans doute un effet bénéfique sur l'affluence au guichet le samedi soir à Jean Ranger. 

   Mais il ne faut surtout pas lui dire que les Montmorillonnais viendront applaudir la vedette. Son humilité sincère et naturelle reprend le dessus : "Non, je ne suis pas une vedette. Sur le terrain, je serai un joueur comme les autres. Je connais un peu le niveau DHR pour y avoir joué une dizaine de
matchs avec la réserve du Racing lors des deux dernières saisons. Mais à Montmorillon, j'aurai encore tout à prouver. Et il va falloir que je travaille beaucoup car ce sera sans aucun doute très physique. Mais je suis confiant dans le jeu que développe l'entraîneur et ça me rassure".

   Au soir du 30 juillet, Jérôme Billac sera à l'entraînement avec ses nouveaux co-équipiers. Il retrouvera avec émotion le capitaine, Guillaume Mauduit. "Je l'ai entraîné à Montmorillon lorsqu'il était poussin. J'avais 17 ans et je m'occupais alors des jeunes. J'avais remarqué ses qualités à l'époque. Ca me fait vraiment plaisir de le retrouver sur le terrain. En plus, c'est un garçon formidable." 
   
  
D'après les éléments que nous avons, le plaisir devrait être largement partagé.

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JÉROME EN RÉSUMÉ

   Jérôme Billac est né le 1er septembre 1972 à Montmorillon où il passera toute son enfance et il apprendra le foot pour jouer un jour comme papa. Son père, Daniel, est en effet un des monuments de l'UESM où il sera entré en 1969. Il évoluera en CFA puis en 3ème division et sera un des artisans de la montée en 2ème division.

   Jérôme restera à l'UESM jusqu'en 1991. Il se fera souvent remarqué et participera même à un stage de détection national juniors à Clairefontaine. En 1991, l'opportunité de poursuivre ses études à Poitiers amène Jérôme à signer au Stade Poitevin. Il y restera sept saisons, dont celle de 95-96 en D2. Le point d'orgue de sa carrière sera sans conteste ce phénoménal match de huitième de finale de la Coupe de la Ligue contre Le Havre (D1) le 2 février 1998. Avec les deux buts qui enverront le Stade en quart de finale, et qui porteront à cinq le nombre de réalisations de Jérôme Billac en quatre matchs, celui-ci voit arriver des propositions plutôt intéressantes.

   Il choisira Toulouse. Hélas, sa première participation à un match de D1, contre Lens le 8 août 1998, tournera court. Victime d'une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit, Jérôme Billac sera indisponible pendant bien trop longtemps.

   Prêté par le TéFéCé au Racing Club de Paris, pour la saison 1999-2000, Jérôme retrouve la compétition en National. Cette saison là, avec le Racing, il participera à 18 rencontres et inscrira sept buts.

   La seconde année sous les couleurs du RCP sera beaucoup plus terne. Jérôme, laissé sur la touche par son entraîneur, ne jouera intégralement que deux rencontres. Une fracture du nez viendra encore le pénaliser le tenant éloigné du terrain pendant plusieurs semaines.

   Hormis son parcours en Coupe de la Ligue avec le Stade Poitevin en 1998 (quart de finale contre Bordeaux), Jérôme Billac connaîtra plusieurs fois les 32èmes de la Coupe de France : trois fois avec le Stade Poitevin, en 99 à Toulouse et en 2000 avec le Racing et une fois les 16èmes de finales avec Poitiers à Châteauroux après avoir battu Monaco en 32èmes. 

Dernière mise à jour : 30-07-2002 13:50


   
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